En prose
Serrée dans mes bras, dans une pénombre partielle. Sa peau d’ivoire contre mon corps jeune. Sous la fourrure brune d’un lit chaud. Ses cheveux d’or, longs et doux comme le pelage d’un chat d’orient. l’or qui brille à ses délicates oreilles. La puissance de son regard terre , la courbe majestueuse de ses sourcils dignes d’une reine de perse. Et moi digne de Cyrus, finalement.
La plus belle des courtisanes du harem aux odeurs orientales, savoureux mélange des plaisirs de l’amour et du parfum des femmes. Savoureux mélange de Russie et de Babylone.
Couleurs enchanteresses d’une époque passée. Sales aux ornements d’or et d’ocre. Aux vases de Giens, aux cristaux des vases.
Dehors le froid de l’hiver. dehors, la chaleur de l’hiver puisque nos corps enlacés se réchauffent.
Loin de la trahison, ici, la passion charnelle, ici l’amour sensuel. Mêlé d’étoffes de taffetas et de soie rougeoyante, non loin du noyer qui brûle dans une cheminée.
La rondeur de ces courbes tel la rondeur des nuages, la douceur de ses membres comme la douceur d’un vent chaud. Le calme de son âme, en son corps évoqué tel le calme d’un chat persan endormit, bercé d’un doux ronronnement. A la lumière de bougies discrètes, les pierreries qui ruissellent de son cou scintillent de tout leur éclat.
Ma douce est-elle aimante ? en tout cas, elle me complait comme amante. Chaque jour, je me demande, au delà de l’attirance physique, si son amour est réel, si le mien est réciproque.
Chaque jour en son honneur, j’aime.